Infos avril 2024

Bonjour à toutes et tous

Quelques nouvelles qui je l’espère vous intéresseront.

Stages :

Celui de mars, complet, s’est déroulé dans d’excellentes conditions malgré une météo maussade et une tempête qui a occasionné des dégâts conséquents dans la forêt, juste en face de la piscine. Des travaux de dégagement des arbres enchevêtrés, très délicats, sont à venir.

Le stage autour des vies antérieures, animé par Serge Rolland, est bien prévu le WE des 28 et 29 septembre.

Le prochain stage de constellations se déroulera du 22 au 25 novembre sur 4 jours, les inscriptions sont ouvertes à partir du lien suivant.

Vie du lieu :

Plusieurs clignotants virent à l’orange en ce début d’année.

D’une part ma condition physique rend impossible pour moi de continuer sur la lancée des décennies précédentes, ce qui n’est pas surprenant. Logiquement, il faudrait recourir ponctuellement à des opérateurs extérieurs pour certains travaux… Sauf que…

Pour la première année depuis l’ouverture des gites voici 32 ans, nous avons fini l’exercice 2023 en perte, ce qui veut dire que nous avons travaillé toute une année pour … zéro. Perte minime certes, sans véritable conséquence matérielle immédiate, mais signal fort !

Il me paraît intéressant de vous communiquer les éléments d’analyse de cette situation, car notre cas particulier rejoint la situation globale dans laquelle nous sommes collectivement engagés.

En 1982, le projet initial était de ramener ce lieu abandonné depuis 18 ans  à la vie. Vie qui fut historiquement difficile du fait de l’isolement du lieu, et car la ressource agricole qui faisait vivre les habitants était maigre, du fait de l’exposition et de la médiocre qualité des terrains).

Les conditions de réalisation du projet étaient, et sont encore, de s’en tenir à ce que le lieu pouvait produire au sens large : biomasse (arbres fruitiers, herbe pour les animaux, et bois de chauffage), accueil touristique, ressource en eau, production d’énergie. Cette production devait être pérenne, c’est-à-dire renouvelable indéfiniment.

Cependant, afin en particulier de rendre possible l’accueil touristique, il fallait hisser les standards de confort et d’équipement aux attentes de la clientèle, habituée à consommer selon les usages du mode économique dans lequel nous évoluons.

Tout ceci n’a pu se faire qu’avec de l’apport d’argent extérieur pour lancer la machine, et investi à perte (selon les normes financières usuelles), c’est dire en abandonnant l’idée de tout retour sur investissement.

C’est là que cela devient intéressant.

Ces standards, comme les règles financières qui vont avec, reposent  sur un système mortifère qui tolère, si ce n’est encourage, le fait que nous consommons annuellement chaque année 1,5 fois ce que la planète toutes ressources confondues peut produire. Et encore cette donnée est-elle globale et ne concerne pas notre mode de vie occidental dont l’impact est plusieurs fois supérieur, et se fait au détriment de toutes les populations vulnérables de la planète, ainsi que des écosystèmes vitaux qui maintiennent les grands équilibres climatiques.

Ce système en vigueur depuis un siècle et demienous condamne à notre extinction en tant qu’espèce à court terme. Dans le monde animal, à chaque fois qu’une espèce a remis en cause, par sa prévalence, l’équilibre général, elle s’est développée, est devenue hégémonique, puis s’est brutalement éteinte, du fait de la destruction de son milieu nourricier. Je ne connais pas d’exception à cette règle. Peu importent les détails de la disparition, c’est le mécanisme qu’il faut retenir. 

Ce qui se passe aujourd’hui pour nous à l’Athanor, c’est la conjonction de deux courbes qui arrivent à leur point de croisement.

 Celle qui s’appuie sur les forces de vie 

– travail (et capacité à le faire)

– ressources en eau

– ressources biologiques (dont celles liées aux insectes avec une raréfaction drastique des insectes pollinisateurs, donc de la production alimentaire)

–  capacité du lieu à attirer des hôtes en nombre suffisant pour assurer la pérennisation des équipements et des locaux

Celle qui s’impose par importation du modèle dominant (dont je rappelle qu’il repose sur la prédation généralisée des ressources en générant leur épuisement) :

  • Augmentation des exigences administratives et réglementaires entraînant des coûts parasites de plus en plus importants (processus de cancérisation du système)
  • augmentation des charges financières liées à l’énergie, causée par leur raréfaction artificielle causée par une rapine exponentielle des superprédateurs (groupes énergétiques, industriels, militaires, et de communication)(processus inflammatoire du système )
  • Diminution des ressources naturelles liée au changement climatique (effets collatéral)
  • Apparition de maladies ou de ravageurs (pyrale) entrainant des frais importants (effet collatéral)
  • Désintérêt pour les tâches liées au concret de la vie (morbidité induite)
  • Fuite d’une part importante de la clientèle vers des destinations exotiques low-coast qui renforcent la prédation générale, en s’appuyant sur des coûts moindres qui reposent sur l’exploitation des acteurs humains concernés(morbidité induite)

Jusqu’à présent, ici, nous étions parvenus à éviter que ces deux courbes se croisent. En 2023 elles sont entrées en contact. Les ressources ont été dépassées par les charges, alors même que nous n’avons tiré aucun revenu de l’activité, et que nous avions anticipé la crise énergétique par de lourds investissements sécuritaires. (eau, électricité, chauffage)

Je suis lucide : L’Athanor n’est qu’un minuscule point dans l’activité économique du monde. C’est aussi une sentinelle. Et celle-ci nous dit : Attention, péril imminent !

Amis du lieu, je vous devais cet éclairage.

Un des moyens de nous permettre de jouer encore longtemps ce rôle de sentinelle, et de poursuivre notre activité alchimique autour de la meilleure connaissance de nous-même que nous proposons, c’est de parler de nous, pour jouer sur le levier immédiatement disponible qui est celui de la fréquentation.

Une autre piste suggérée par une stagiaire de mars dernier: proposer à des personnes intéressées de venir de temps à autre pour donner des coups de main… (J’avoue être en délicatesse avec cette idée, et incohérent avec moi-même, car j’ai pour moi trouvé très normal de faire du bénévolat à très haute dose depuis mon adolescence… Clairement, mon logiciel a un souci 🙂 )

Au-delà, c’est votre réflexion, le partage avec d’autre de ce témoignage, qui pourra, peut-être peser dans la balance.

Pour que l’Espoir vive ! …

N’hésitez pas à réagir, nous vous lirons avec intérêt et attention, et pourquoi pas publierons vos contributions (avec votre accord préalable, évidemment).

Je vous souhaite à toutes et tous un beau printemps et un bel été, en attendant le bonheur de revoir certains et certaines d’entre nous à l’automne.

Dans les liens du Cœur

Yves

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