Un compagnon s’en est allé…

Des milliers s’en sont venues…

Il vieillissait, depuis l’été dernier je m’étais bien rendu compte qu’il n’avait plus son entrain, ni son appétit robuste… A l’automne il avait fait en ma présence quelques malaises, qui m’ont laissé penser qu’il était victime d’énergies malveillantes. Le processus enrayé, son état s’était stabilisé, mais c’était désormais un ami fatigué qui broutait dans les prairies, m’adressant encore, de plus en plus rarement à mesure que ses forces déclinaient,des braiements amicaux…

Non sans avoir fait un ultime et inhabituel gros câlin à Pierre le dimanche précédent, Téo s’est éteint, probablement le 9 avril, jour de grand vent. Je l’ai trouvé couché dans l’herbe le 11… Détail ô combien touchant, les vaches étaient venues lui faire un dernier salut sous la forme d’une longue léchouille sur la tête, qui avait collé ses poils en une trace sans équivoque… Après ça, les imbéciles et ou les ignorants diront que les animaux n’ont ni lien social, ni sentiments ni émotions…

On a beau s’attendre à l’inéluctable, même si je savais son départ proche, ça a été un gros moment de chagrin. 25 années…Je lui avais sauvé deux fois la vie, à sa naissance, et un mois plus tard à la mort subite de sa mère… Entre ses parents Diva et Ténor, et lui, ils m’ont accompagné, et aimé, durant 40 ans… Alors forcément…

Heureusement, quelques semaines auparavant, j’avais grâce à une praticienne en la matière, réalisé avec lui une communication animale où nous avions échangé des choses essentielles… Je l’avais alors vermifugé à sa demande, afin qu’il digère mieux. Ses crottes étaient redevenues belles et régulières. Nous étions tous les deux en paix.

J’espère que la suite de l’histoire ne choquera personne.

Je l’ai trouvé en fin de matinée, nous sommes allés en famille lui dire un dernier adieu… Vers 13 heures, sortant dans le jardin, j’ai aperçu à la verticale du lieu, très haut, un gros rapace : j’ai instantanément compris : les vautours allaient s’en occuper, m’épargnant ainsi le recours à l’équarisseur, la grosse facture qui va avec, et bien des tracas… Dès le lendemain midi, ils étaient là. Le week-end suivant, ils étaient plus d’une vingtaine à faire bombance, jouant leur rôle de nettoyeur de l’environnement, évitant tout risque sanitaire…

J’ai compris après, que par un extraordinaire dont je me plais à penser qu’il n’est pas le fruit du hasard, Téo s’était éteint au meilleur endroit possible pour qu’interviennent ces grands oiseaux, à l’abri des regards de la vallée, assez loin de la maison pour que ces oiseaux farouches puissent manger tranquilles, dans un espace assez dégagé pour qu’ils puissent aisément se poser et redécoller sans difficulté…

Téo, mon ami, aura fait tout son possible pour me rendre son départ aussi léger qu’il pouvait l’être.

C’est pour moi juste bien qu’il se soit ainsi, physiquement, largement envolé… Je ne pouvais rêver plus belle image symbolique.

Bien sûr, il n’est plus là et il ne nous réveillera plus en pleine nuit d’été d’un braiement sonore, mais dans mon cœur comme celui de ceux et celles qui l’ont apprécié, il restera l’animal-ami aimant et dévoué qu’il fut.

Nous sommes si peu de choses.  Aujourd’hui là, nous agitant tellement, nous usant si souvent à des actions futiles. Demain, partis…

C’est si étrange. Si courant pourtant.

Ces changements d’état sont l’essence même de la Vie !

C’est si bête que nos sociétés fassent l’impasse sur cette réalité fondamentale. Ca les rend si connes !

Des milliers s’en sont venues…

1 er mai maussade, comme mon humeur… Je bade désœuvré devant mon ordinateur lorsque vers 16h j’entends un bourdonnement caractéristique : un essaim d’abeilles en migration est dans les parages ! J’ouvre la fenêtre derrière mon bureau, j’ai bien entendu, elles tournoient, très nombreuses, devant la terrasse de l’Olivier. Elles sont désheurées, normalement à cette heure là elles devraient avoir déjà trouvé un gîte, le temps est à l’orage…

J’ai une ruche dans jardin vide depuis l’hiver, le petit essaim de l’an dernier n’ayant pas survécu, mais les rayons sont déjà bien bâtis, et il y a du miel en réserve… vite je l’approche, au cas où… mais ce gros truc ne les intéresse vraiment pas!

Une grosse averse met tout ce petit monde en péril, elles n’ont pas réussi à former une grappe protectrice sur une branche, et elles s’échouent au pied du murier, dans l’herbe, comme un gros gâteau au chocolat renversé, tout grouillant… Je n’ai jamais vu ça, c’est très atypique. Heureusement, la pluie a cessé, leur sauvant la vie !

Il faut tenter le coup ! J’ouvre la ruche, prend une pelle et une balayette, ramasse une grosse grappe d’abeilles au sol et la secoue sur les rayons… A la seconde tentative de transfert forcé, elles commencent à trouver que je suis un peu intrusif, et s’agitent beaucoup, me faisant battre en retraite, d’autant que je suis allergique aux piqûres. Je sais heureusement que dans cette phase de leur vie, elles sont très rarement agressives, bien trop préoccupées par leur recherche commune et vitale : il leur faut un abri avant la nuit.

Il ne reste qu’à observer.

Un quart d’heure plus tard, c’est net, la proposition de logement a retenu leur intérêt. Bon, faut dire que c’est gratos, déjà meublé, et frigo rempli. Y’a pire, non ?

Statu quo pendant un moment, et puis, tout à coup, la décision est prise, on accepte la proposition… Et tout le monde de se diriger, comme un liquide qui s’écoule, en direction de la ruche, avant de s’envoler pour grimper dedans. Une heure plus tard, plus une abeille dehors, tout le monde est à l’abri ! Il était temps, il pleuvra ensuite 18 heures d’affilée !

Cela m’a mis en joie ! Ce gros essaim au jardin c’est une vraie assurance récolte, et sans doute vu la taille de la colonie un peu de miel pour nous cet automne. Espérons que les frelons asiatiques ne les repèreront pas trop tôt ! En tous cas il remplace bien, cette année, les clochettes porte-bonheur du muguet qu’il n’y a pas moyen de faire pousser ici !

Deux fois, en un mois, des animaux sauvages nous sont venus, spontanément, en aide.

Certes, de leur point de vue, ils font juste leur job et suivent leur instinct. Mais mon ressenti est différent : j’ai la sensation qu’ils sentent qu’ici ils sont les bienvenus. C’est évidemment le cas, même si je râle abondamment lorsque les chevreuils mangent mes blettes ou pire abîment les arbres. Mais ils font de cet endroit un lieu bien vivant. Dans cette planète maltraitée, cela mérite d’être raconté à ceux qui peuvent l’entendre…

Beaucoup d’émotions contradictoires à l’Athanor en ce printemps, offrant à ses habitants de rares et belles leçons d’histoires naturelles. La pluie est au rendez-vous, l’eau coule dans les ravins : la nature ne devrait pas trop souffrir chez nous cette année…

Lorsque vous viendrez en stage chez nous, ou en séjour de vacances, tout cela sera là, disponible, à partager, à observer, à sentir. Et en tous cas, vibratoirement, bien présent.

Si vous avez besoin de vous reconnecter à vous-même, à cette Vie qui a, pour la plupart d’entre nous, et parfois si cruellement, été malmenée, cet environnement, sans nul doute, vous aidera.

Comme il m’a, personnellement, aidé à me reconstruire… Mais ceci est une autre histoire… 🙂

Laisser un commentaire